dimanche 29 mars 2009

Comme vous pouvez le voir, je progresse comme "bloggeuse": j'ai trouvé comment on ajoutait des photos au texte... révolutionnaire! Maintenant il faut que j'améliore la mise en page... soyez patient, ça va venir!!!
LOL


ORDINATION DIACONALE DU DIMANCHE 22 MARS.

















Une grande messe pleine de joie, de ferveur et de couleurs… de 9h30 à 15h30 !
Messe suivie de plusieurs jours de fêtes protocolaires où je me rends plus par obligation (depuis mon retour je me rends compte que je fais désormais partie du « milieu » comme ils disent ici, et que je ne peux pas trop me permettre d’être absente à moins d’avoir une bonne raison !) que par goût : on vous place et vous attendez d’être servi. Vous vous retrouvez parfois à côté de quelqu’un que vous ne connaissez pas et qui n’a pas vraiment envie de causer… Bref, c’est pas très amusant ! Mais il paraît que c’est pas partout comme ça… tant mieux !



ETRE DIACRE…

« Abbé Philippe, ça fait quoi d’être diacre ?
Ben ça change tout, quelque chose est entré en moi et agit !
???????
Ben oui, maintenant comme Jésus, je peux chasser les démons de certaines personnes qui viennent me voir !!!
Ah ? tu es devenu féticheur ??
Mais non… !! »


PORTER LE PAGNE…





C’est comme être diacre, ça change tout !!
Congolais et congolaises m’ont exprimé leur joie (voire leur fierté) de me voir adopter la « couture » (mode) locale et ont bien sûr trouvé que la jupe choisie m’allait très bien… Expérience à renouveler donc… et vu le coût modique de l’opération, y’a pas à hésiter : 5 € le tissu et la façon !









UNE MUNDELE AU MATCH DE FOOT !

Après une danse au rythme des tambours devant près de 1500 personnes à la Cathédrale, en Décembre, j’ai vécu mon 2è baptême du feu en assistant vendredi à la fin d’un match de foot (l’équipe que le Centre Culturel soutient jouait et j’avais promis de venir faire un tour…), après être passée devant presque tous les supporters (en contournant le terrain) pour atteindre mon collègue congolais, en suivant un petit d’accord pour me guider dans la foule.
Que de regards braqués sur moi (quasiment que des hommes comme vous pouvez l’imaginer !). J’étais très intimidée… Je ne pensais pas que le terrain serait aussi grand et qu’il y aurait autant de monde, mais comme je suivais l’enfant, je ne pouvais plus faire demi-tour ! Grand moment de solitude : je ne me suis jamais sentie aussi blanche et aussi femelle… Je ne veux même pas savoir ce qu’ils ont pu penser…

Le pire c’est que je risque d’y retourner, mais accompagnée par un ami cette fois-ci… Je finirai bien par faire partie du décor !
En tous cas maintenant quand je croise des gamins, ils veulent tous me serrer la main… C’est comme si j’avais franchi un nouveau cap !


PANCARTE EDUCATIVE…

















Pour essayer de faire réfléchir les gens par rapport à leurs demandes intempestives (d’argent, de médicaments, de chaussures, de café, d’alcool…), j’ai osé mettre par écrit ce que je pense depuis déjà longtemps et affiché sur ma porte une petite phrase censée faire réfléchir. Ecrite en langue locale, elle dit ceci : « Au lieu de tendre les mains pour demander, c’est mieux de les utiliser pour travailler ! »
Ca fait réagir quand ils le lisent, ils trouvent ça « éducatif », mais ça ne les empêche pas de demander ! C’est toujours les autres et pas eux… c’est assez désoriantant pour moi, et franchement agaçant pour la bretonne que je suis (habituée à dire les choses avec une certaine franchise), cette attitude paradoxale, ce manque de lien apparent entre ce qu’ils disent penser et ce qu’ils font ; c’est comme s’ils ne livraient jamais vraiment le fond de leur pensée, comme s’il y avait un discours de façade (réservé à la sphère publique) et un discours plus intimiste qu’on réserve aux proches ou aux gens de confiance, aux « bouches autorisées ».
Ici quand une information (rumeur) circule, la première chose qu’on demande, c’est « qui t’as dit ça ? »… et si ça vient d’une « bouche autorisée », c’est-à-dire soit une personne haut placée dans la hiérarchie, soit une personne qui a depuis longtemps prouvé son sérieux et son honnêteté par ses actes et /ou son engagement, alors on accordera une certaine véracité au propos !


PAïENNE !


Je ne vais presque jamais à la messe, qui a lieu chaque matin, (moi j’essaie d’y aller tous les Dimanches, c’est déjà un bel effort !), donc je ne prie pas assez Dieu, donc je suis païenne ! Voilà ce que certains voient dans ma manière discrète de vivre mes croyances.
Quand je leur dis : « Mais vous savez, moi je ne suis pas obligée d’aller à la messe pour prier ! » Ils ne comprennent pas, car comme je le disais plus haut : il faut toujours montrer, se montrer…
Je ne perds plus mon temps à me justifier, je réagis seulement sur le moment quand on me réprimande (en leur rappelant que je suis adulte, responsable et vaccinée, et que je sais ce que j’ai à faire !), je souris (très important le sourire !) et je m’en vais… Je me suis fait une raison, et je pense sincèrement que peu d’entre eux sont capables de se détacher de leur culture pour comprendre mon point de vue d’occidentale : comment leur expliquer que je ne me retrouve « tout simplement » pas dans le discours (très moralisateur et culpabilisateur) et les orientations actuelles de l’Eglise (à mon sens davantage portée sur le passé que sur l’avenir, et obnubilée par l’importance des divers rites et sacrements), mais que ça ne m’empêche pas d’adopter une attitude chrétienne au quotidien ?
Bien que non acceptée dans ma différence, je me sens intégrée ! Mon but de toute façon n’est pas de devenir congolaise (y’aurait trop de travail !), mais plutôt d’essayer de comprendre un peu comment ils fonctionnent…



LE TRAVAIL AU CENTRE


Vous devez parfois vous dire en me lisant : « elle parle beaucoup de sa relation avec les gens, mais c’est quoi en fait son boulot là-bas ??? »
J’en parle peu, c’est vrai, car le plus gros de mon travail est d’ordre relationnel : il s’agit essentiellement de ménager les susceptibilités de chacun (hiérarchie, partenaires, travailleurs, bénéficiaires…), et de gérer les demandes intempestives ou les multiples tentatives de rénégociation d’affaires déjà entendues.
J’ai aussi une partie administrative de rédaction de courriers, de demandes de budgets, et de bilans financiers.
Et enfin, un rôle de représentation du Centre Culturel Diocésain dans un certain nombre de manifestations locales, en tant que « mundélé » et que « Directrice gestionnaire », comme certains aiment à me rappeler. Ce côté « public relation » n’est pas toujours évident à gérer, car peu habituée aux courbettes et aux chichis, je me sens parfois mal à l’aise ; j’essaie cependant de rester moi-même ! Et surtout, j’ai la constante impression de manquer de temps pour moi, même chez moi, je suis toujours dérangée… pas facile de souffler !!
L’autre raison pour laquelle je n’évoque pas souvent les activités du Centre, pourtant diverses et variées, est que celles-ci touchent assez peu de gens dans la réalité, comparé aux nombre d’habitants de Basankusu et du Diocèse !
Et puis malgré des activités établies (par exemple, accès gratuit à la bibliothèque d’Etsiko chaque mercredi après-midi), la fréquentation est très faible et chaque semaine est différente, car je ne vois presque jamais les mêmes personnes : ici c’est particulièrement difficile d’engager un travail dans la durée ; je m’y suis habituée et je m’adapte !
Le constat est le même pour les cours de Français (pourtant quasiment personnalisés !)et d’Anglais.
Concernant mes interventions dans plusieurs écoles de la ville, j’attends toujours le feu vert de mon chef, qui a toujours « beaucoup de chats à fouetter », et qui m’a laissé entendre que ça ne serait sans doute pas pour cette année scolaire, celle-ci prenant fin en Juillet (c’est-à-dire dans 4 mois quand même !). C’est pas grave, ça nous laissera plus de temps pour faire autre chose.
Au programme des prochains mois donc, une série d’animations pour l’ensemble de la population, avec :
-une conférence sur un sujet d’actualité (au hasard : « la crise financière mondiale et ses conséquences »), proposée par Papa Antoine, un monsieur engagé travaillant pour un projet de sécurité alimentaire à Basankusu, projet financé par Caritas Belgique…
-un jeu radio culturel, les 15 derniers jours d’Avril, qui opposera des jeunes inscrits dans différents collèges et lycées de la ville
-des événements sportifs, courant Mai, histoire de distraire et de mobiliser un peu les gens (courses de vélo, marathon, tournoi de foot…)
-la remise des diplômes pour les étudiants du 4è niveau en Anglais…
Et aussi bien sûr, la poursuite des travaux d’autosubsistance, avec l’entretien du champ d’ananas (500 pieds plantés, mais encore peu de fruits mûrs…) et la culture des « kundé » (flageolets locaux) tout près du Centre, ainsi que la réalisation de divers supports pédagogiques pour les écoles ( cartes de géographie, schémas de science, récapitulatifs de certains points de grammaire française…)



LA VISITE ANNONCEE DU PRESIDENT KABILA


Courant Avril, Basankusu se prépare par ailleurs à recevoir le Président actuel de la RDC, Joseph Kabila, qui se déplacera pour la première fois dans le fief de son opposant politique Jean-Pierre Bemba ( actuellement inquiété par la Cour Pénale Internationale pour des crimes qu’il n’aurait pas commis, car trop nationaliste et dangereux pour les intérêts occidentaux en RDC… mais qui bénéficie ici d’un large soutien de la population).
Ca fait presque déjà 2 semaines qu’on annonce son arrivée, et que les gens « s’organisent », sans savoir la date exacte de sa venue ni le nombre de personnes qui l’accompagneront… Moi ça m’épate !
L’organisation consistant essentiellement à débroussailler « les grandes avenues » (les chemins) pour les rendre larges et praticables (travaux réalisés par tous les enfants en âge de tenir une machette, de 10 ans à 20 ans environ… au lieu d’aller en classe !!), et à chercher un hébergement digne de ce nom pour le Président et sa suite.
Se pose aussi évidemment la question de la nourriture : qui va payer pour nourrir tous ces gens (« tous ces bandits » disent certains), et pendant combien de temps ?
Les Commissaires de District (sortes de préfets locaux) ont déjà demandé à la population de contribuer (en espèce ou en nature : chèvres, manioc…) et c’est scandaleux, connaissant les conditions dans lesquelles les gens (sur)vivent. Des voix s’élèvent, mais je suis sûre que ça finira ainsi : tous veulent bien recevoir celui qui est leur Président (c’est un honneur et un devoir !), bien que celui-ci n’ait aucun égard pour eux depuis presque 3 ans qu’il est au pouvoir…
Manifester publiquement (en masse) son mécontentement ne fait partie des coutumes locales ; ils feront comme d’habitude : ils revêtiront leurs plus beaux habits, et fabriqueront à la dernière minute (malgré les 2 semaines d’organisation !) de beaux décors naturels, pour l’accueillir en grande pompe avec moult chants, danses et sourires… comme si tout allait bien !! Affaire à suivre…


Suite au prochain numéro. Je vous envoie des bisous pleins de chaleur !!

mardi 17 mars 2009

DE RETOUR A BASANKUSU !

LE VOYAGE...

Me voici revenue en terre africaine depuis hier après un voyage long et éprouvant: 6 jours pour faire Brest-Basankusu, avec 2 escales, en utilisant l'avion, la voiture et la pirogue... C'est pas simple!
En prenant la pirogue (les 3 derniers jours), j'ai encore mieux réalisé le calvaire des Equatoriens n'ayant pas d'autre moyen de transport à leur disposition: imaginez-vous rester assis pendant 3 jours, le jour sous un soleil harrassant, la nuit dans le froid et l'obscurité (sans lumière... il y a obscurité et obscurité!), et parfois dans le vent, sous la pluie... souvent sans rien manger... Je comprends mieux pourquoi les accidents de navigation sont si fréquents ici, et pourquoi l'espérance de vie des Congolais n'est pas très élevée (55 ans!): ils repoussent tellement leurs limites en permanence... C'est de la pure folie, et en même temps leur joie de vivre, leur enthousiasme... n'est pas qu'une rumeur! Je leur tire mon chapeau!

LE FORMIDABLE ACCUEIL DES GENS ...

Je ne m'attendais pas à de telles effusions: tout le monde vient me saluer en m'appelant par mon prénom, me donner le bonjour et me souhaiter une bonne arrivée... et cela avec une telle joie et un tel enthousiaste... Je ne pensais pas que je leur avais autant manqué (en toute modestie)!
Beaucoup pensaient que je ne reviendrai jamais, et ma présence ici semble leur redonner espoir et courage, à un moment où la situation ne cesse d'empirer... Certains travailleurs attendent leurs salaires depuis 4 mois; ils n'ont qu'un mot sur les lèvres "mbongo!" (de l'argent!)
Le pire, c'est que tout le monde sait que cette situation difficile est en partie due à une mauvaise gestion du Diocèse: mon amie Juliette, partie travailler en tant qu'expatriée à l'est de la RDC pour coordonner un projet de sécurité alimentaire me l'a confirmé, par comparaison avec l'endroit où elle se trouve, qui est dynamique et très bien géré. Les gens se prennent en main, se constituent en associations pour trouver des solutions à leurs problèmes, et les responsables véreux ou mal intentionnés sont écartés... Bref ça fait plaisir de savoir que c'est possible en Afrique (de s'organiser dans l'intérêt de la population), mais dommage pour tous ceux qui subissent les frasques de dirigeants incompétents et malhonnêtes...

LE TRAVAIL AU CENTRE MOBOKOLI

Mon absence a permis a mes collègues congolais de prendre des initiatives et j'en suis ravie: le défrichage et l'entretien de la parcelle du Centre ont commencé, et les semailles sont en cours... Il faut croire que j'ai été clair en leur présentant les objectifs de 2009 et que j'ai su les motiver!
J'ai hâte de voir le profit que nous pourrons tirer de ces cultures dans quelques mois; j'espère qu'elles nous permettront de financer quelques unes des activités du Centre...
Jean-Louis a par ailleurs organisé une conférence sur le thème des études supérieures, et apparemment il y avait affluence... Expérience à renouveler!
Seule incertitude: après son ordination (ce jeune homme va devenir diacre), il sera peut-être muté: nous sommes suspendus au bon-vouloir de l'Evêque... Affaire à suivre!

QUELQUES PERLES RELEVEES CA ET LA...

"Démocrate!" Taquinerie lancée à ceux qui portent des cravates... en référence à la mouvance démocrate née dans les années 90 en RDC...

"Tu es redevenue blanche!" s'est exprimé quelqu'un en me revoyant en bonne santé... "Ah bon, et avant j'étais quelle couleur? "Ben jaune!" (malade quoi...)
Comme quoi la notion de couleur est toute relative!

Foot. Pour votre culture sportive, sachez que les Léopards de la RDC ont remporté la victoire de la Coupe d'Afrique la semaine dernière contre les Ghanéens... qu'il y a eu grande fête... que les joueurs et leur staff ont été très gâtés (chacun un 4/4, soit 42 au total + une grosse somme d'argent), ça fait bien sûr réfléchir quand on connaît la situation du pays... et surtout que Lundi c'était jour férié parce que les Léopards avaient gagné la coupe! Décidément, toutes les occasions sont bonnes pour ne pas travailler! Ca vous dirait de ne pas travailler chaque fois que les français remportent la Coupe de l'UEFA??

Bon trêve de plaisanterie, je vous laisse méditer sur cette importante question des jours fériés et je vous dis à très bientôt pour de nouvelles aventures!

Mama Annaïg.

mardi 24 février 2009

Ah l'Afrique!!!

Ah l'Afrique et ses innombrables bébêtes qui vous piquent et vous infectent sans crier gare!!

Et oui, je suis toujours dans le Finistère... Les forces me reviennent peu à peu, alors j'espère regagner bientôt la RDC: prochain départ annoncé, le 11 Mars!

A très bientôt!

Annaïg

dimanche 18 janvier 2009

PELE-MELE DES CHOSES VUES, VECUES, ENTENDUES... CES 2 DERNIERS MOIS...

BONNE ANNEE!!

Tout d'abord, à vous tous qui me lisez quand je veux bien écrire, je vous souhaite de tout mon coeur une belle année 2009: qu'elle voit les projets de chacun se réaliser dans la joie et l'harmonie...

INFO DE DERNIERE MINUTE...

Pour ceux que je n'ai pas pris le temps de prévenir, sachez que je vous écris de France: après 4 mois et demi d'investissement et de travail passionnant en Equateur, mon corps m'a dit "stop!" (grosse chute de tension et petits soucis de santé...), alors j'ai décidé de rentrer faire une pause pendant quelques semaines, histoire de reprendre des forces et de rassurer la famille ! Je pense repartir pour la RDC dès mi-février: ici il fait trop froid, le soleil et la chaleur (35-40°C) me manquent cruellement! Je suis quand même super contente de vous revoir: l'accueil chaleureux des proches, c'est sympa aussi...

DECEMBRE ET JANVIER EN EQUATEUR...

Durant ces 2 mois, mes relations avec la population locale se sont approfondies: j'ai été régulièrement invitée à des fêtes par certaines personnes avec qui j'ai sympathisé.
Je n'étais pas toujours très à l'aise au début, car ici curieusement, les protocoles sont omniprésents: en tant que "mundélée" (blanche), je ne pouvais pas me placer où je voulais, je me suis souvent retrouvée dans le carré des officiels, des personnes "importantes", ce qui me gênait beaucoup.
Et puis finalement, la spontanéité ne venait que tardivement, souvent en fin de soirée, après le respect des différentes étapes (discours, remise des cadeaux, apéritif, repas, photos, démonstrations d'expression corporelle...) et le départ des officiels , et une fois les invités réchauffés par l'alcool ...

J'ai alors mieux compris pourquoi les Africains avaient un déhanché à faire craquer tous ceux et celles qui les regardent danser, et ce dès le plus jeune âge: certes ils ont le rythme dans la peau (la musique, le chant et la danse font partie de leur vie quotidienne), mais ils ont aussi souvent beaucoup d'alcool dans le sang! Et je vous jure que depuis que je sais qu'on donne aux plus jeunes (dès 5-6 ans) de l'aguéné (eau de vie locale, comparable au lambig breton...) pour qu'ils fassent le spectacle, et bien je trouve leur déhanché beaucoup moins naturel et charmant!!
Imaginez quand ils vieillissent la suite qu'ils peuvent donnerà une soirée bien arrosée... On comprend mieux pourquoi les femmes sont toujours "grosses" (enceintes) et pourquoi les MST font des ravages...
On comprend mieux aussi pourquoi l'alcoolisme est si répandu ici, y compris chez les religieux, pourtant considérés comme des modèles de sainteté par une bonne partie de la population!
Le problème, c'est juste que consommer de l'alcool est considéré comme un loisir, un des principaux...

C'est un fait, l'alcool désinhibe, mais j'ai quand même vécu des moments de bonheur et de communion intense avec ces gens heureux de fêter le départ de leur proche, l'arrivée du petit Jésus (Noêl), le passage à la nouvelle année... Des moments de partage et d'émotions, de ceux qu'on n'oublie pas, de ceux qui nous rechargent en énergie positive...

Pendant ces 2 mois, j'ai également poursuivi mon exploration du Diocèse de Basankusu, en passant Noël dans la paroisse de Kodoro... A la rencontre des villageois et de leur réalité quotidienne...

Et côté travail, je suis à la fois chef du personnel, banquière, assistante sociale, éducatrice spécialisée, chef de chantier bâtiment et peinture, apprentie agricultrice, enseignante, bibliothécaire, fabricatrice de supports pédagogiques, animatrice, organisatrice de conférences, de jeux radio et d'événements sportifs, commerciale... C'est varié et passionnant, mais aussi usant, car je ne peux pas toujours faire confiance à mes travailleurs, parfois mal intentionnés... Sûrement ce qui m'a valu cette grosse fatigue... Mais je reste très motivée par ma mission, et attachée aux nouveaux liens que j'ai créés: les gens de Basankusu se montrent très présents à mon égard, je me sens très intégrée...

Voilà pour les dernières nouvelles...

A très bientôt pour de nouvelles anecdotes...

Mama Annaïg, alias Mama Nguba ( "Mama arachides", car toujours avec ses frères...), ou encore "Mama Cocoty" (car j'adore les noix de coco)!!

vendredi 28 novembre 2008

VOYAGE VOYAGE : BOSUNJAFO, ABUNAKOMBO, BOLUMBA… TOUJOURS PLUS AU CŒUR DE LA FORET…

Voilà 15 jours que je ne donne plus de nouvelles… Et oui, quand on se déplace au fin fond de la forêt équatoriale, l’isolement est tel que toute communication avec le monde extérieur devient quasi-impossible. Seule la radio fonctionne… à condition d’avoir pensé à envoyer suffisamment de piles !
Eprouvant physiquement (vu l’état des chemins et des moyens de transport, nous partions aux aurores et parfois le ventre vide…), cette aventure n’en fut pas moins un vrai bonheur : les yeux grands ouverts, j’ai découvert l’Afrique profonde telle que je l’imaginais… Une nature luxuriante, des gens qui vivent encore de manière traditionnelle (c'est-à-dire, presqu’exclusivement des ressources provenant de leur environnement), comme si la civilisation n’était pas parvenue jusqu’à eux (ce n’est pas péjoratif, c’est un constat…), des enfants qui courent derrière notre vieille Jeep bleue (une Toyota Land Cruiser de la fin des années 60 !) essayant de se frayer un chemin parmi les herbes qui envahissent la seule « route » reliant les villages…
J’apprendrai plus tard que cette région est effectivement particulièrement sinistrée car, comme tant d’autres en RDC, elle a connu les ravages de la guerre pendant plusieurs années (destruction ou réquisition des bâtiments par les soldats, pillage systématique des biens de tous ordres…), et comment reconstruire quand on ne dispose d’aucun moyen pour transporter les matériaux (si ce n’est sa propre force physique, ou éventuellement un vélo, voire une moto), et que les seules « routes » qui relient les villages entre eux sont devenues des chemins impraticables, pour la plupart très mal entretenus ? On comprend mieux pourquoi les choses évoluent peu, en plus du fait que la majorité des villageois ne sont pas très motivés par le travail, et qu’ils attendent toujours quelque chose de magique de celui qui vient de loin, du Blanc en particulier. Ceux qui s’adonnent au travail parviennent pourtant à des productions plus qu’encourageantes, et témoignent d’un réel savoir-faire : grandes maisons en briques et en bois, solides et esthétiques ; plantations abondantes de café, d’ananas, de noix de palme…qui assurent des revenus pour toute la famille (très grande ici, la polygamie étant répandue…) pendant plusieurs mois… Pour moi, cette « flemme » généralisée est assez incompréhensible, tout comme les ravages causés par l’alcool, omniprésent…
Malgré ce sentiment d’amertume, je suis très content d’avoir vécu cette aventure avec mes nouveaux « frères » et mes nouvelles « sœurs » : je garderai le souvenir d’un accueil chaleureux par les villageois, de rencontres multiples et authentiques, et aussi d’un vécu toujours plus intense avec ceux que je connaissais déjà depuis Basankusu.
Ah au fait, j’oubliai les but de ce voyage, qui n’était pas un simple voyage de complaisance : assister aux vœux des frères Jonas, Adrien, et Patrick (longue messe pendant laquelle 3 jeunes hommes annoncent publiquement leur souhait de vouer leur vie à Dieu, en respectant les vœux d’obéissance, de pauvreté et de chasteté…) et présenter le Centre Culturel Diocésain Mobokoli dans les villages…La misère intellectuelle est réelle dans de nombreuse écoles : les élèves voudraient apprendre, les professeurs voudraient se former et donner des cours de qualité, mais ils n’ont parfois aucun livres, ou quand ils en ont, ils datent de Mathusalem… Le niveau s’en ressent, et on se sent impuissant : on donne toujours la même réponse, problème de finances, de transport, de communication… C’est sûr, ouverture et changement vont de pair avec outils de communication et possibilités de voyager. Quand tous ceux que j’ai rencontrés auront-ils ces possibilités ? Un jour, je l’espère, peut être quand ils cesseront d’attendre tout de l’extérieur, et qu’ils décideront de se prendre eux-mêmes en charge ?


RETARD RECORD

Imaginez un pays où le 28 Novembre, vous n’avez pas encore perçu votre salaire du mois de Septembre… soit 3 mois de retard !
Imaginez comment vous vous débrouilleriez pour vivre, pour nourrir votre famille…
L’endettement permanent, c’est la réalité de la RDC !


BON APPETIT !

Quels animaux, régulièrement consommés ici, sont porteurs du virus « monkey-pox » ?
La chenille, l’antilope, la tortue, le caïman, le singe, le serpent, l’anguille, le cochon d’Inde, le facochère, l’écureuil, le porc-épic, le chacal, le renard, la grenouille… ?
Réponse : le singe et l’écureuil…
C’est pour ça que je n’en mange pas quand on m’en propose, car cette épidémie tue encore en ce moment, les gens consommant ici beaucoup d’animaux sauvages, parfois infectés…

REPONSE A LA DEVINETTE

La sentinelle a été renvoyé car elle a rêvé, donc dormi, or le travail d'une sentinelle, comme son nom l'indique, est de rester éveillé!!!


L’ECOLE, UN LIEU D’EDUCATION… A LA PROSTITUTION !

A Basankusu, les jeunes filles (dès 12 ans) comprennent très vite qu’une des manières de ne pas payer les frais scolaires et d’assurer leur passage en classe supérieure (sans travailler ni assister aux cours) est de « se rapprocher » de leurs enseignants… quand ces derniers ne proposent pas eux-mêmes ce chantage aux jeunes filles qui leur plaisent ! C’est ce qu’on appelle le dédommagement en nature : au moins c’est du concret, ce n’est pas comme le salaire qui se fait attendre, et puis ce n’est pas soumis aux taxes ! Chacun voit midi à sa porte…
Encore une de ces réalités qui nous paraissent incroyables, et à mon avis, ce n’est pas prêt de changer, vu la façon dont est recrutée la majorité des enseignants, et l’importance que le gouvernement congolais y accorde : c’est simple, ici il suffit d’être de connaître ou d’être connu du Directeur de l’école pour être engagé, quel que soit ton niveau de compétence et ton intérêt pour l’enseignement… Voilà à qui la RDC confie l’avenir de ses enfants. Pas étonnant que tous constatent une baisse de niveau et que le comportement des enfants laisse parfois à désirer…Certains directeurs d’école aiment cependant leur travail, suivent de près leurs enseignants, et se battent, avec quelques autres, contre ce système qui n’a rien d’éducatif !
Ce que je trouve inquiétant, c’est le peu d’intérêt que les enseignants en général accordent à leur formation personnelle : même quand on leur propose une formation gratuite et qu’on vient jusqu’à eux la dispenser, ils viennent par obligation (ordre du directeur), et la seule question qu’ils posent à la fin, c’est : « et mon per diem ? »(comprendre : « et mon argent, pour avoir assisté à la formation ? ») Et oui, vous avez bien lu, ici ce ne sont pas les gens qui paient pour recevoir une formation, ce sont les formateurs (ou l’asso organisatrice) qui paient les gens, pour les remercier d’avoir assisté à leur session !! Cette attitude s’explique : c’est le seul moyen que certaines ONG (UNICEF, MSF…) ont trouvé pour que les personnes concernées acceptent de quitter leur travail à la maison ou au champ, leur assurer un « per diem » pour être sûrs d’avoir des personnes à former… Si vous pensez à d’autres solutions, faites-moi signe !!!

Bisous ensoleillés de Basankusu où il commence à faire très très chaud... Je fonds!!

Mama Annaïg

mercredi 5 novembre 2008

UN PEU DE SERIEUX...

LA BONNE NOUVELLE DU JOUR

Un Noir à la Maison Blanche !!
Je suis contente : mon poulain a gagné les élections… Vive Obama, j’espère qu’il fera de grandes choses…

ACTUALITES : QUELQUES PRECISIONS SUR LA GUERRE DANS LE KIVU…

A vous tous qui me lisez, je tiens à vous rassurer : il paraît qu’en ce moment les médias français parlent beaucoup de la RDC, et plus particulièrement de la (énième) guerre qui sévit à l’Est, dans le Kivu.
Sachez tout d’abord que cette guerre, comme toutes les guerres, est éminemment politique et stratégique : en effet, le sous-sol de cette région est riche en pétrole et en minerais, et il s’agit pour les Occidentaux (les Américains plus précisément, mais aussi les Français) de ne pas perdre la main mise sur cette immense richesse, via des accords plus que douteux avec des chefs de guerre locaux, comme Kunda, dont vous avez sans doute entendu le nom… Et comme d’habitude, ce sont les civils qui trinquent : pour sauver leur vie, ils fuient massivement et se défendent comme ils peuvent avec leurs outils de travail quotidiens… Mais certains disent ici que c’est une guerre « contrôlée » et que maintenir une certaine instabilité dans la région permet de faire diversion : pendant que Kunda avance sur Goma, d’autres continuent d’extraire quantité de diamants, qu’ils font sortir de RDC par avion (un toutes les 30 minutes, paraît-il !), via le Rwanda, et sous surveillance militaire Bref, la plupart des diamants que l’on trouve en Europe viendraient de RDC…
Côté pratique, la RDC est vaste et pour conquérir le pays, il faudrait des années, vu l’état catastrophique des routes et la dangerosité des voies fluviales : entre les cours d’eau et la forêt dense, les obstacles sont nombreux…
Tout ça pour vous dire qu’où je me trouve, à l’Ouest, nous vivons et travaillons normalement, même si nous suivons avec attention l’évolution de la situation dans le Kivu, et même si la situation politique et sociale du pays demeure préoccupante. Les enfants commencent à reprendre le chemin de l’école, mais les enseignants ne sont toujours pas payés, et le gouvernement ne donne aucun signe de vie, trop occupé à choisir ses 37 nouveaux ministres…
Bref, tout va bien sous le soleil de Basankusu !!

COURBE DU MORAL

Depuis mon arrivée, ça alterne entre :
-moments de doute ( « qu’est-ce que je suis venue faire dans ce pays de fous ?!! ») et de nostalgie (vous me manquez !!),
-moments de révolte : quand les puissants écrasent les faibles d’une parole ou d’un regard ; quand les enfants viennent frapper à votre porte ou vous suivent sur les chemins pour vous demander « leur argent » ( !) ; quand les gens s’arrêtent en pleine rue pour vous détailler de haut en bas et commenter tout haut votre coiffure ou votre façon de vous habiller ; quand on vous insulte en langue locale au marché sous prétexte que vous ne comprenez pas… Bref, pas toujours facile de garder « la zen attitude »!!
Heureusement que pour contrebalancer ce négatif, il y a des moments de pur bonheur : quand toute une cathédrale chante et danse sa foi avec une ferveur propre aux pays du Sud ; quand le sourire illumine un visage ; quand la complicité naît avec l’Autre, si différent soit-il ; quand la nature nous offre sa beauté ; quand un plat comble nos papilles ; quand une musique entendue plaît à nos oreilles…

En résumé, ça se passe quand même plutôt bien : Juliette, François (un de mes collègues de travail, congolais ) et moi sommes sur la même longueur d’ondes, nous nous amusons beaucoup ensemble, et grâce à eux je me suis déjà fait un petit réseau relationnel, et plusieurs « locaux » sont devenus des proches…

REPORTAGE DU MOIS : MON TRAVAIL A BASANKUSU

Les principaux objectifs du CCDM (Centre Culturel Diocésain Mobokoli), dont je vais être la « directrice gestionnaire » pendant 2 ans, sont de :
-proposer des sessions de formation permanente aux enseignants du primaire et du secondaire, et ce sur différents sujets en lien avec leur travail
-proposer des activités culturelles et sportives, sous diverses formes et pour différents publics : pour sensibiliser, responsabiliser, éveiller, mais aussi mettre en valeur les compétences et savoir-faire locaux.

A partir du moment où nous suivons ces grandes lignes, tracées par le grand chef, ainsi que ses recommandations, la seule limite que nous avons est celle du budget et des moyens disponibles. Ca peut paraître simple, mais entre le moment où vous présenter un budget et le moment où vous disposer effectivement de l’argent pour mettre les choses en œuvre, il peut se passer 1 mois ! Dans l’intervalle, on fait quoi ??

Nos supports et nos modes d’intervention sont variés : depuis mon arrivée, j’ai suivi Juliette et ai participé à pas mal d’activités différentes, dont dans le désordre :
-animation de réunions avec des partenaires très différents (profs, autorités locales ou représentants administratifs, directeur d’une radio, religieux…)
-rédaction et présentation de projets
-gestion de budget et d’argent (des valises pleines de billets… sales… au sens propre comme au sens figuré !)
-conseil pédagogique (pour des cours de Français et d’Anglais)
-animation de jeux à la radio
-enregistrement de conférences auprès de différentes personnalités locales
-organisation d’événements sportifs
-travail en équipe
-gestion de bibliothèque
-décoration (peinture) de bâtiments
-création de supports éducatifs (pour intervenir dans les écoles)
-animation de jeux et d’activités éducatives auprès d’enfants
-formation en informatique pour des bénévoles qui nous aident dans certaines de nos activités…
Je ne me sens pas toujours à la hauteur, mais ici le niveau d’exigence est moindre : le peu qu’on fait paraît extraordinaire (sans exagérer) à beaucoup de gens.
Et surtout, on se sent immédiatement utile : notre regard ou notre soutien les valorise ; on sent que ce qu’on fait leur apporte directement quelque chose.
Dans ce type d’aide (exemple projet de réouverture d’un atelier bois existant avant la guerre, et plus particulièrement spécialisé dans la fabrication de tambours à réglages, ou réalisation de conférences sur des sujets locaux sensibles), la coopération prend réellement sens, un effort de compréhension existant de part et d’autre, au-delà des différences de langue et de culture (pratiques, comportements, modes de pensée…) : avec le temps, on s’apprivoise mutuellement, et une complicité finit par naître…

Pour l’instant, ce qui n’est pas évident, ce sont les relations avec la hiérarchie (très protocolaire et peu disponible quand présente) : j’ai encore beaucoup de mal avec leur manque total de franchise, et leur façon de noyer le poisson quand il s’agit de résoudre un problème, ou de retourner leur veste (autant de fois que nécessaire) pour ne pas perdre la face, surtout s’ils sont fautifs… Ils donnent l’impression d’éviter coûte que coûte le conflit… Leur devise, ça doit être « pas de vague ! » Pas de bol, ils ont fait venir une bretonne : il va forcément y avoir du remous !! Promis, je vous tiens au courant de l’évolution du climat !

TOUJOURS « A DREUZ »

Le Français revu et corrigé par notre sentinelle de nuit, régulièrement imprégnée de « aguéné » (eau de vie locale, que j’ai de nombreuses fois sentie, mais pas encore goûtée !) ou le phénomène Papa Jean (70 ans environ), « licencié en mauvais Français »…
Quand il a bu, « isolé volontaire », comme il se nomme lui-même, n’a pas sa langue dans sa poche, et aime parler Français à sa façon…
Voici quelques morceaux choisis :
- « nous allons ensemblement » : je vous raccompagne chez vous
- « essayez-moi » : demandez-moi, testez-moi
- « vous êtes mes directeuses », comprendre directrices
- « je suis le propriétaire de ma femme » : il a effectivement payé sa dot
- « je suis dans le vide aujourd’hui » : je n’ai rien à boire
- « donnez-moi un verre remplizé », un verre plein…
Charmant, non ? Et encore, vous ne l’avez pas vu danser, ni chanter, ni faire des bruitages (dignes du meilleur rappeur) en tapant sur son bidon… C’est qu’il a le rythme dans la peau notre Papa Jean !

PARTICULARITES LOCALES

Les mains congolaises, habituées à saisir des gamelles chaudes, sont insensibles à la chaleur et d’une remarquable agilité : imaginez-vous peler une tomate cerise avec une grande machette bien tranchante !

Les pieds congolais sont « tout-terrain », car en contact permanent avec le sol, que celui-ci soit poussiéreux, boueux, herbeux, boisé…

Les fesses congolaises sont plutôt bien dessinées (mais ça vous le savez déjà !), comme souvent chez les personnes d’origine africaine, mais elles sont aussi beaucoup moins « impatientes » que les nôtres, car habituées au contact dur du sol, de la pierre, du bois de la chaise, de la selle de vélo pas toujours très confortable…

LE SIGLE DU JOUR

Le SIDA, pour certains ça n’existe pas, c’est juste une « simple information pour décourager les amoureux »… Pas mal trouvé hein ? Sauf que ça existe vraiment !

DEVINETTE LOCALE

Une sentinelle arrive un matin affolée devant son patron : « Monsieur, cette nuit j’ai fait un rêve : il ne faut pas que vous preniez l’avion aujourd’hui, car il va s’écraser !!»
Le patron, après avoir entendu sa sentinelle lui détailler son futur accident, prend congé et décide de reporter son voyage aux jours suivants…
Le lendemain, la radio confirme le crash de l’avion que le patron devait prendre précisément (heure, lieu, compagnie…)
Peu après, le patron convoque sa sentinelle, lui remet les clefs d’une voiture flambant neuve, et lui dit : je t’offre ce cadeau pour te remercier de m’avoir sauvé la vie, mais sache qu’à partir d’aujourd’hui tu ne travailleras plus ici… »
En clair, il le renvoie. Pourquoi ????

Réponse dans le prochain article…

Tokomonana ! (A bientôt !)

Nanou de Basankusu.

lundi 20 octobre 2008

Vu et entendu...

Méli-mélo d’expressions, de phrases ou d’anecdotes plus ou moins insolites, glanées au gré de mes pérégrinations…

EXPRESSIONS LOCALES

« Avoir un ventre missionnaire », c’est accepter de manger ce qu’on te propose quand on te le propose , sans faire le difficile.
« Avoir des yeux congolais », c’est avoir le regard perçant du chat dans la nuit, qui permet de distinguer des formes (mêmes lointaines) dans l’obscurité la plus totale.
« Avoir des oreilles congolaises », c’est posséder l’ouïe fine du chien, qui perçoit le moindre bruit, bien avant que nous l’entendions réellement.

DECALAGES CULTURELS

Signe particulier : nez …
Pour de nombreux policiers ou agents de l’administration, notre nez est un « signe particulier » ( rubrique figurant en bas de page dans de nombreux formulaires « officiels »), et ils le disent « aquilin », c'est-à-dire recourbé en bec d’aigle…, ce qui est très souvent faux !
En tous cas, ici tout le monde (petits et grands) croit que nous avons un nez fin parce que quand nous sommes bébés, notre maman nous le pince !! C’est drôle, non ?!

L’accueil en Occident , vu par les Africains
« Est-ce que c’est vrai que quand quelqu’un arrive chez vous, « sans être prévu au programme », à l’heure de manger par exemple, soit vous le laissez repartir après quelques brefs échanges, soit vous l’invitez à partager votre repas, mais en glissant discrètement la facture sous son assiette ?? »
Question de François, mon collègue congolais, qui veut en avoir le cœur net à propos d’une croyance largement répandue ici...
Je vous laisse imaginer notre réaction de mundélé (blanches)… Nous l’avons bien sûr rassuré, en pouffant de rire !!!

« Désolée messieurs, mais je ne suis pas à vendre !! »
Echanges entre des étudiants (la cinquantaine) du cours d’Anglais auquel j’assiste, pendant que je discute avec le prof .
Après renseignements auprès de François (« où habite-t-elle ? est-ce qu’elle est célibataire ? »), l’un dit à son voisin, ignorant la réponse de François :
- « mais toi tu peux te marier avec elle, tu as beaucoup d’argent !
- mais je n’ai pas besoin d’une autre femme, j’en ai déjà une, et ça se passe très bien !! »
Juste pour vous dire qu’ici ce dialogue n’a rien de surréaliste : les femmes, régulièrement considérés comme du bétail, n’ont pas vraiment leur mot à dire sur le choix du mari. Seul le montant de la dot importe… Je suis bien contente d’être née en France !!

REPORTAGE DU MOIS : LA SITUATION DE L’EDUCATION

« Le laboratoire »… ou comment réussir son Bac sans travailler…
Ici, il n’est pas rare que les candidats paient des profs pour répondre à leur place le jour de l’examen: ils écrivent les questions sur un bout de papier, le jettent par la fenêtre (au vu et au su de tout le monde), et attendent la réponse…Ils appellent ça « le laboratoire »…

Bon courage !
Constat : un étudiant qui obtient de trop bons résultats est presque systématiquement recalé par le jury, celui considérant qu’il a sans aucun doute payé un prof pour rédiger sa copie… comme si c’était inconcevable qu’un étudiant ait réellement travaillé pour préparer son examen, ou qu’il soit brillant !
Ca fait peur, mais on comprend mieux pourquoi le niveau des élèves est catastrophique !! D’autant plus que ça commence dès la maternelle, les maîtresses s’endormant sur leur natte ou leur bureau (au lieu de s’occuper des enfants), pour que la classe passe plus vite !!
Il faut préciser que n’étant pas payées (par l’Etat ni personne), elles sont obligées de travailler au champ pour nourrir leur famille, ce qui peut expliquer leur fatigue ou leur manque de motivation…

Relativité de certaines notions…
Un jour en rentrant de l’école, Kévy (5ans) nous raconte qu’il a passé la matinée enfermé dans la classe avec tous ses petits camarades…
Après quelques explications, nous apprenons que la maîtresse est partie accompagner un enfant malade à l’hôpital, et a enfermé les 59 autres (nombre habituel d’enfants par classe) pour qu’ils restent bien au chaud pendant son absence… Vous y croyez vous ???
Il faut bien se rendre à l’évidence, certaines notions, telles que « responsabilité éducative » et « gestion de groupe », sont toutes relatives !!!


LA PHRASE DU JOUR

« L’humilité est une vertu que doit posséder tout bon chrétien…, et ça consiste à faire tout ce que je vous demande ! »
Précision : parole émanant d’une des plus hautes autorités locales (Eglise catholique), et qui ne m’était pas destinée… Heureusement, car je n’aurai sans doute pas pu m’empêcher de réagir ! Et pour vous, c’est quoi l’humilité ??

CHERCHER L’INTRUS

Parmi ces objets, lequel ne sert jamais pendant la messe ?
Calice- - ciboire- balai pour chiottes (excusez ma trivialité)- encensoir- goupillon- aube.
Je suis sûre que vous avez tous pensé « ben, balai pour chiottes ! » Détrompez-vous, ici cet objet est essentiel, puisqu’il permet de jeter une grande quantité d’eau (ils appellent ça « bénir ») sur un grand nombre de fidèles ! Et il est de préférence choisi en plastique et multicolore (poils), afin de respecter la sobriété habituelle des cérémonies religieuses…

PETITES ANNONCES

« Cherche veuve désespérément… »
Je vous sollicite ici de la part de ma sentinelle, Papa Denis (il garde les environs de mon logement entre 20h et 21h30, toute la nuit en théorie, c'est-à-dire dans le contrat qu’il n’a jamais signé…), qui aimerait communiquer avec une Française (de préférence aisée et disponible) intéressée par « les échanges interculturels » (comprendre l’aide à distance). Il a déjà plusieurs femmes et de nombreux enfants à nourrir… Je compte sur votre altruisme et votre bon cœur, merci d’avance pour lui !

A bon entendeur, salut !
J’espère que cette rubrique « vu et entendu » vous a plu. D’autres suivront s’il y a matière, je n’en doute pas !

Tokomonana ! (A bientôt !)

Nanou de Basankusu.

vendredi 10 octobre 2008

Bienvenus au paradis...

« Mboté nabino ! » (Bonjour à tous, en lingala)

Me voici en Afrique depuis un peu plus d’un mois, et déjà beaucoup de choses à dire...
Après 3 jours passés à Kinshasa, la capitale oppressante, j’ai rejoint un petit coin de paradis, où tout pousse avec une rapidité déconcertante, surtout en ce moment où nous connaissons une alternance de soleil et de pluie.
Pour imaginer un instant mon environnement quotidien, calez-vous dans un fauteuil confortable et fermez les yeux…Imaginer une nature luxuriante (beaucoup de vert), des maisons et des chemins couleur brique qui serpentent partout dans la forêt, le bleu du ciel et du fleuve, et enfin un grand soleil qui brille… Le décor est planté.
Essayer aussi d’imaginer un quotidien calé sur le lever et le coucher du soleil (6h-18h), et dépendant des travaux des champs : vous approchez de la vie des gens de Basankusu… La mienne est moins rude (j’ai un toit en dur, de l’eau courante, de l’électricité le soir, et l’assurance de manger au moins 3 fois par jour, sans être obligée de passer la journée à travailler mon champ sous un soleil harassant…) : en tant que « mundélé » (blanche), j’ai le droit à un traitement de faveur…
Côté relationnel, je commence à être capable d’échanger quelques mots et phrases en lingala (une des langues locales) avec les habitants, qui généralement me connaissent déjà, soit parce qu’ils m’ont croisé sur les chemins avec Juliette (l’autre directrice mundélé), soit parce qu’ils m’ont vu danser à la cathédrale (mon premier baptême du feu au rythme des tambours), soit parce qu’ils m’ont entendu chanter « Cadet Rousselle » ou « Le Petit Navire » dans un cours de Français ou dans un quartier… Bref, j’ai mes petites habitudes, j’ai déjà sympathisé avec quelques Congolais « authentiques » (grâce à Juliette), et je commence à me sentir un petit peu chez moi !
Côté faune animale, c’est beaucoup moins pire que ce que j’imaginais, ou alors je me suis déjà habituée à croiser rats, cafards, lézards, crapauds, fourmis, criquets, et autres insectes volants multicolores et inconnus chez nous… sans sursauter à la moindre apparition ! Les moustiques et les maringouins ont quand même bien apprécié mes pieds et mes chevilles, jusque là couverts de multiples boutons et piqûres. Ca commence seulement à se calmer, grâce à l’application de remèdes locaux (feuilles de papayer)…
Et oui, mon côté bio, écolo, et médecines douces trouve à s’exprimer : ici comme en France, j’essaie de sensibiliser par mes choix, en préférant par exemple la papaye ou la pâte d’arachide locales et 100% naturelles à la margarine, la mayonnaise, et au pseudo-nutella 100% transformées !
Mis à part la consommation régulière de bière (merci les colons belges!), de vin de palme ou de "aguéné" (eau de vie locale), les gens (ceux qui ont la chance de manger) ont une alimentation plutôt saine, issue des productions locales (manioc, maïs, viandes et poissons frais, chenilles, fruits, arachides...), bien que souvent répétitive (beaucoup d'enfants souffrent de malnutrition).
La nature leur offre aussi de multiples remèdes naturels et gratuits, mais peu s'y inytéressent... Dommage! J'ai quand même réussi à trouver quelques personnes capables de me renseigner sur les plantes guérisseuses... et ce ne sont pas des "ndoki" (sorciers), bien qu'ici les gens en voient partout, et c'est pas des blagues hein... on rigole pas avec la sorcellerie!!! Ceci fera sans doute l'objet d'un prochain article...
En attendant, je vous envoie quelques rayons du soleil qui brille généreusement ici, je sais qu'en France la chaleur n'est pas vraiment au rendez-vous...
Tokomonana! (A bientôt)

lundi 4 août 2008

Avant le départ...

Bonjour à tous!

Comme vous le savez tous maintenant, je pars pour 2 ans en République Démocratique du Congo (RDC pour faire court), en septembre, et plus précisément à Basankusu (prononcer "Bassankoussou"), au nord-ouest de ce grand pays du centre de l'Afrique, en pleine forêt équatoriale, sur l'un des affluents du fleuve Congo...

Je décolle de Paris le 2 septembre (7h40) pour arriver ce même jour à Kinshasa (17h40), en passant par Bruxelles... et oui, l'ex-Zaïre était une propriété du Roi de Belgique jusqu'en 1960!

Mais avant le départ, il y a les préparatifs, et bien sûr, la fête de départ... celle-ci a eu lieu le 26 juillet à Quéménéven, avec une bonne trentaine d'entre vous... sachez que j'ai passé un très bon moment en votre compagnie!
Je voulais d'ailleurs vous remercier du fond du coeur pour votre bonne humeur et votre générosité, et aussi pour vos merveilleux messages d'amour et d'amitié: revoir vos bouilles et relire vos écrits me requinqueront dans les moments de blues... encore mille fois MERCI!!!

A très bientôt!